Les faux certificats CE, RoHS et FCC constituent l’une des premières causes de problèmes réglementaires pour les importateurs depuis la Chine, générant des blocages en douane, des amendes et parfois des rappels produits coûteux. Le problème central réside dans la confusion entre la présence d’un logo ou d’un document papier et une réelle conformité validée par un laboratoire accrédité. Beaucoup de fournisseurs chinois envoient des certificats apparemment officiels qui n’ont en réalité aucune valeur légale, créant une fausse sécurité chez l’importateur inexpérimenté.
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Le piège fondamental : confondre logo, document et conformité réelle
La majorité des fournisseurs chinois (environ 80%) remettent un « CE Certificate », un « RoHS Certificate » ou un « FCC Certificate » en réponse à toute demande de conformité. Or, ces trois documents n’existent pas réellement sous cette appellation officielle dans le cadre réglementaire européen ou américain. Le CE n’existe que comme marquage apposé sur le produit ou son emballage, accompagné d’une Déclaration de conformité (DoC) et de rapports de tests détaillés.
RoHS ne se traduit pas par un « certificat » au sens strict, mais par un dossier technique comprenant des analyses chimiques et des déclarations de conformité des composants, sans nécessairement un seul document « certificat ». FCC, quant à lui, est un label de conformité américain qui s’accompagne d’un rapport de test FCC, pas d’un « certificat » générique. Remettre un simple PDF sans rapport de test substantiel et sans lien direct à un laboratoire reconnu constitue un signal d’alerte majeur qui devrait déclencher une vérification immédiate.
Les trois arnaques les plus répandues (et comment les identifier rapidement)
Les faux « CE Certificate » sont faciles à détecter pour qui sait où regarder. Le vrai document doit citer précisément des directives UE (par exemple 2014/30/UE pour la compatibilité électromagnétique), pas une formule vague comme « [translate:Complies with CE standard] ». Le logo CE doit respecter des proportions précises : lettres espacées d’une certaine manière, correctement proportionnées, non déformées. Beaucoup de faux documents utilisent un logo « CE » dont les lettres sont trop rapprochées ou de mauvaise couleur.
Les faux RoHS affichent souvent une simple déclaration sans mentionner les seuils en plomb (Pb), cadmium (Cd), mercure (Hg), retardateurs de flamme ou phtalates, ni les méthodes de test (XRF, ICP/MS). Aucun laboratoire identifié, aucun numéro de rapport, aucune analyse chimique proprement dite. Les faux FCC, eux, sont des documents génériques non liés à un modèle spécifique, sans numéro « FCC ID » quand celui-ci est requis, et sans rapport de test Part 15 détaillé.

La checklist non négociable pour tout document de conformité
Un rapport de test authentique comprend un ensemble minimal de critères incontournables qui doivent être vérifiés sans exception. Le document doit identifier clairement le laboratoire par son nom légal officiel et son adresse physique, pas une boîte mail ou un simple logo. Il doit porter un numéro de rapport unique, traçable, que le labo peut confirmer sur son site officiel.
Le modèle exact du produit testé doit être spécifié sans ambiguïté, avec photos ou dessins techniques si pertinent. Les normes et directives testées doivent être citées précisément (EN 55032:2015 pour l’EMC, 2014/35/UE pour la basse tension, etc.), pas des généralisations marketing. La date du test doit être récente (moins de 3–4 ans pour RoHS, moins de 1–2 ans pour la plupart des tests techniques), car les standards évoluent et les composants changent. Enfin, le lien entre le rapport et le produit réel doit être explicite et vérifiable : un test sur un ancien modèle ou un composant « équivalent » n’a aucune valeur légale pour un nouveau produit.
Vérifier un rapport de test en trois minutes
Une vérification rapide commence par l’en-tête du rapport. Vérifiez que le nom du laboratoire, son adresse et son numéro de rapport y figurent clairement, puis tapez ce numéro sur Google associé au nom du labo : le document doit ressortir dans leur système officiel ou sur leur site. Si aucune trace n’existe en ligne, c’est déjà un mauvais signal.
Puis, scannez les normes citées. Un rapport sérieux liste des directives et normes harmonisées européennes précises ou des standards FCC/USA clairs, jamais des formules vagues. Ensuite, vérifiez la présence de résultats mesurés : tableaux avec des valeurs, graphiques de mesures, comparaison avec les limites normalisées, verdict PASS/FAIL explicite. Un rapport de deux pages sans aucune donnée technique est un faux quasi certain.
Le piège ultime : le test « sur un autre produit »
C’est une arnaque très fréquente que même des importateurs chevronnés se font piéger. Le fournisseur présente un rapport de test pour un ancien modèle, une version « équivalente » ou un produit « similaire », en supposant que c’est « assez proche » pour justifier la commande. Or, toute modification du produit entre le moment du test et la production invalide complètement le rapport : changement de batterie, de PCB, de chargeur, de matière plastique, même un fournisseur de composants différent suffit à rendre le test inapplicable.
L’importateur se retrouve avec un document qui, au regard réglementaire, n’a strictement aucune validité pour le produit réellement expédié. En cas de contrôle douanier, d’audit par la DGCCRF ou d’une plainte client ayant remonté en rappel, ce rapport ne constitue aucune protection. Exiger l’exactitude entre le produit testé et le produit commandé est donc absolument critique.
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La responsabilité légale : c’est toi l’importateur qui paies
En droit européen, la chaîne de responsabilité est claire : le fabricant est en Chine, mais c’est l’importateur basé dans l’UE qui devient légalement responsable de la conformité du produit mis sur le marché. En cas de contrôle DGCCRF, de retrait en douane, d’intervention de la plateforme Amazon ou d’ordre de rappel, c’est l’importateur qui encourt les amendes, les frais de destruction et les dommages de responsabilité civile, pas le fournisseur.
Le fournisseur chinois, confronté à une mauvaise qualité ou à une non-conformité, disparaît souvent ou refuse de prendre en charge le problème, d’autant plus qu’un faux certificat fourni par ses soins crée une situation ambigüe où il peut prétendre avoir tenu ses engagements sur papier. Le « certificat » qu’il t’a donné te protège donc zéro : c’est plutôt toi qui, en l’acceptant naïvement, as pris la responsabilité de mettre un produit non conforme sur le marché.
Les deux méthodes de sécurisation (pro versus économique)
Lorsqu’on veut véritablement sécuriser une importation, deux approches coexistent. La première consiste à mandater soi-même les tests auprès d’un laboratoire accrédité (SGS, TÜV, Bureau Veritas, Intertek, DEKRA, etc.), en son propre nom, en contrôlant le périmètre de test et en conservant les rapports originaux. Cette approche coûte entre 300 et 2 000 € selon la complexité, mais elle apporte une assurance tranquillité totale : seul ton produit, ta version, tes composants, sont testés et tu contrôles intégralement la chaîne documentaire.
La seconde approche, plus économique, consiste à faire vérifier les documents fournis par le fournisseur par un expert ou un consultant indépendant spécialisé dans la conformité européenne. Cette audit documentaire coûte nettement moins cher (quelques centaines d’euros) mais demande une vigilance accrue : l’expert confirmera la validité du labo, vérifiera le lien entre le test et le produit, contrôlera les normes et les dates, et pointera les incohérences évidentes.

Comment vérifier qu’un laboratoire est vraiment accrédité
Avant d’accepter un rapport d’un labo, il faut vérifier son accréditation auprès d’organismes reconnus au niveau international. Pour les labos chinois, la CNAS ([translate:China National Accreditation Service]) est l’équivalent du COFRAC français ou de UKAS (Royaume-Uni). La plupart des rapports valides comportent un logo CNAS avec un numéro d’accréditation ; on peut vérifier ce numéro sur le portail officiel CNAS en ligne.
Pour les labos européens, consulter le registre ILAC ([translate:International Laboratory Accreditation Cooperation]) ou rechercher directement sur le site officiel de l’organisme notifié aide à confirmer l’accréditation. Les labos reconnus comme SGS, TÜV Rheinland, Bureau Veritas ou Intertek gèrent des bases de données où on peut entrer un numéro de rapport et voir le document original scanné. Si le numéro n’existe pas en base de données, le rapport est probablement faux.
Les pistes qui doivent déclencher une alerte maximale
Certains signaux faibles révèlent immédiatement un document falsifié ou fortement suspect. Un document qui propose une « certification instantanée » ou une conformité obtenue en moins d’une semaine est un faux absolu : les vrais tests prennent du temps. Un rapport comportant des fautes d’orthographe, des erreurs grammaticales, des changements de fonte ou de couleur, des numéros de directive faux ou obsolètes est un signal quasi certain de fraude.
Un prix « trop bon marché » ou une proposition de test à bas coût (< 100 €) pour un produit électronique complexe doit être traité avec extrême méfiance : les labos sérieux facturent correctement leurs analyses. Un laboratoire qui accepte de tester sans échantillon physique ou qui fournit un rapport « générique » pour plusieurs modèles différents révèle une arnaque pure et simple.
Règle d’or absolue : le certificat se prouve, il ne se « donne » pas
Un vrai document de conformité ne s’envoie pas juste en PDF pour « faire joli » dans ton dossier administratif : il s’accompagne d’une traçabilité vérifiable et d’une responsabilité assumée par l’émetteur. Un laboratoire accrédité reconnaît son rapport, le maintient en archives, et laisse tracer le lien entre le numéro de rapport, le produit testé et le client commanditaire. Si tu contactes le labo avec un numéro de rapport et qu’il ne trouve rien, ou qu’il dit ne pas avoir testé ton produit, c’est qu’il y a une arnaque.
À l’inverse, un fournisseur chinois qui refuse de fournir les coordonnées complètes du labo, qui ne peut pas confirmer le numéro de rapport par écrit, ou qui propose un rapport datant de plusieurs années sans explication des changements apportés au produit, cherche clairement à te piéger. La sécurité réelle passe par la transparence totale et la traçabilité : exige-la systématiquement.
